Brodsky in Switzerland

08.06.2023 – 20:00

Salle Paderewski, Lausanne

Espace la Velle, Le Noirmont

11.06.2023 – 18:00

Gare du Nord, Basel

Programme

Andreas Pflüger (1941) Christmas Ballad
Pablo Ortiz (1956) Brodsky, Vivaldi and Stravinsky
Paul Suits (1956) The Saints and the Aint’s
Joan Magrané (1988) Barcarolle oubliée
Hinako Takagi (1989) A Song
Pablo Ortiz (1956) Nativity 1990

Avec

Laurence Guillod soprano / Pierre-Yves Pruvot baryton
Musique des Lumières
Joel Bardolet violon
Facundo Agudin direction

The Brodsky Album

Infos et billeterie:

Andreas Pflüger – compositeur

Acclamées par le public et par la presse, ses œuvres sont régulièrement jouées dans les plus grandes salles du monde telles que par exemple la Tonhalle de Zürich, la Philharmonie de Cologne, le Tschechische Staatsoper de Prague, le BKA Theater de Berlin, le Festival de Davos ou encore le SymphonyHills de Tokyo. La musique d’Andreas Pflüger intéresse les formations de premier plan qui la défendent avec succès. Citons l’Orchestre National d’Ukraine, le MDR (l’Orchestre symphonique de la radio de Leipsig), l’Orchestre du Staatsoper de Prague ou l’Orchestre Symphonique de Zürich. Le catalogue d’Andreas Pflüger propose 8 opéras, 3 ballets, une vingtaine d’oeuvres symphoniques ainsi que de nombreuses pièces de musique de chambre. Sa discographie comprend des collaborations avec la Radio Suisse DRS 2, Musica Helvetica, Studio A ou Classic 2000.

Pablo Ortiz – compositeur

Pablo Ortiz est diplômé de l’Université Catholique Argentine et de la Columbia University. Parmi ses commanditeurs on compte la Fromm Foundation Harvard ainsi que les fondations Koussevitzky, Gerbode, Terezin. Il est membre de la fondation Guggenheim Memorial et a été le lauréat de la American Academy of Arts and Letters. Parmi ses plus récentes créations sont à mentionner Suomalainen tango ; Gallos y huesos ; Maizal del gregoriano ; Concerto for Bandoneón (Santa Rosa Orchestra) ; Mores Redux (Musique des Lumières) ; Jubilant ‘burbs (Camellia Symphony). Il est l’auteur de l’installation sonore Promahonesau Musée Benaki d’Athènes. Sa musique porte la trace de ses passions: la musique ancienne, le Lied, le tango, l’opéra. Ortiz est professeur de Composition à Davis, Université de Californie.

Joan Magrané – compositeur

Jeune compositeur espagnol formé à Barcelone (avec Agustín Charles), à Graz (avec Beat Furrer) et au Conservatoire de Paris (avec Stefano Gervasoni), Joan Magrané Figuera est l’une des révélations de la scène musicale actuelle. Loin des postures monolithiques et manichéennes, il fait rimer avant-garde et histoire de la musique, revisitant cette dernière pour mieux servir son expression artistique.
Joan, en réponse à une commande récente de l’EIC, vous avez composé Fragments d’Ausiàs March pour cinq voix et ensemble : qui était Ausiàs March ? Que sont ces fragments ?
Ausiàs March est, avec Jordi de Sant Jordi ou Joan Roís de Corella, l’un des poètes de langue catalane les plus importants du siècle d’or valencien (le XVe siècle). La majeure partie de son œuvre parle d’amour : si l’héritage des troubadours et de la « courtoisie » chevaleresque y est encore très présent, elle s’en distingue par sa grande force expressive ainsi que par son indéniable originalité (et plus particulièrement son emploi affirmé du « je » créateur) qui lui confère une modernité déconcertante, encore aujourd’hui. Pour ma pièce, je ne retiens que quelques fragments de sa poésie, d’abord parce que je ne voulais pas mettre en musique un de ses poèmes dans son intégralité, mais aussi pour créer comme une dramaturgie à partir de son verbe. J’amplifie le contenu et l’essence de chaque fragment tout en structurant en parallèle la forme musicale, jusqu’à obtenir une cantate sui generis.
La reprise de cette création le 29 avril à Bruxelles, s’inscrit dans un programme en forme de grand écart temporel puisqu’il « entremêle » des œuvres du XIVe à aujourd’hui. Quel rapport entretenez-vous à la musique ancienne ? C’est une musique dont je me sens très proche et c’est celle que j’écoute le plus souvent pour mon plaisir. Quand je suis à ma table de travail, j’ai toujours en tête la concentration expressive absolue et la puissance émotionnelle qu’on peut trouver chez un Monteverdi, par exemple. Le principe de madrigalisme joue également un rôle éminent dans ma pensée musicale, même si je l’utilise finalement d’une façon plus abstraite et structurelle que descriptive ou littérale. Le contenu d’un vers, par exemple, peut me suggérer une idée assez précise de la texture générale d’un passage ou d’un geste musical en particulier. Vient ensuite le sonore proprement dit. Et, là encore, « j’emprunte » sans arrêt à toutes ces musiques ce qui relève d’une recherche de timbres purs, des flautandos et de la fluidité instrumentale.

Hinako Takagi – compositrice

Professeure et assistante à l’Université de musique d’Osaka, Hinako Takagi compose des pièces contemporaines pour des jeunes artistes. Elle obtient en 2017 le 3e Prix du Concours National de Musique (Japon), section composition, avec une pièce pour quatuor et piano préparé, qui est diffusée à la radio NHK. Durant ses études, elle a eu l’opportunité de travailler avec Allain Gaussin et Eric Tanguy à Kyoto et a étudié le français de manière intensive.
Compositrice et pianiste, Hinako Takagi se consacre beaucoup à l’enseignement à destination des jeunes. Elle cherche toujours à expérimenter de nouvelles formes musicales pour transmettre des impressions et des concepts philosophiques par l’écriture contemporaine.
Au sujet de « L’instant », pour hautbois et ensemble : « En contemplant les tableaux d’une série du peintre japonais Yajuro Takashima (1890- 1975), qui représentent la flamme d’une bougie en train de brûler, j’ai pensé que c’était une flamme non pas moderne, mais inscrite dans un autre temps. Cette flamme m’a fait penser à Héraclite, philosophe présocratique qui faisait du feu un élément divin plutôt que physique. La musique est un art du temps, et on peut retranscrire un “instant”, comme celui de cette flamme qui brûle, pour ensuite transmettre cette impression extra-sensorielle à un public, de la même façon que Yajuro Takashima l’a fait au travers de ses œuvres. C’est cette mise en musique du temps et sa transmission au public qui est au centre de mon travail d’écriture contemporaine. Dans cette pièce, j’ai décidé d’utiliser l’augmentation de l’énergie de la musique (arsis) et sa diminution (thesis) pour symboliser le temps, et leur croisement pour faire apparaitre “l’instant”. Le hautbois solo qui a un caractère lyrique produit dans la pièce autant l’arsis que la thesis. L’ensemble accompagne et accentue cette énergie. Le hautboïste doit alors travailler le son, pas seulement techniquement comme on le fait dans notre société moderne, mais aussi et surtout spirituellement ; de la même manière qu’Héraclite s’intéresse moins à l’aspect physique du feu qu’à son aspect divin. »

Facundo Agudin – Direction

Le chef suisse d’origine argentine s’est formé à Buenos Aires et à la Schola Cantorum Basiliensis. Basé en Suisse depuis 1996, il mène sa carrière dans une dizaine de pays. Ses années avec les Basler Madrigalisten et le Schweizer Kammerchor le rapprochent de Claudio Abbado, Valery Gergiev, Simon Rattle, Armin Jordan. Il fait ses débuts au Théâtre Mariinsky avec Faust en 2014/15 ; Enescu Festival dans la série 21st Century Music en 2017 ; Festival del Maggio Musicale Fiorentino avec Das Lied von der Erde en 2019. Il collabore avec des artistes comme Ramón Vargas, Sara Mingardo, Giuliano Carmignola, Rubén Amoretti, Kent Nagano. En Suisse, Agudin collabore depuis 2020 avec le Basler Gesangverein en tant que Directeur musical. Il est Directeur musical et artistique de l’orchestre Musique des Lumières (MdL), avec lequel il a enregistré pour Oehms Classics, NEOS Music, Doron Music, SRF 2 Kultur. Depuis 2017, Agudin et MdL sont des artistes officiels du label IBS Classical. Leurs dernières productions Der Kaiser von Atlantis, Bach Mirror et Generación Cortázar ont été saluées par la presse internationale. En 2015 et en 2016 il est nominé par l’Association des Critiques Musicaux d’Argentine au prix Meilleur Chef Argentin aux côtés de Daniel Barenboim ; en 2019, il reçoit le Prix “Chef de la Décennie” de la Fondation KONEX. Agudin est membre du jury du Concours d’Interprétation Musicale de Lausanne et Directeur du programme Sinfónica Patagonia. Il est actuellement Artiste en résidence auprès de l’Ensemble Vocal de Lausanne. Avec MdL et IBS Classical, il enregistre en 21/22 An English Garden avec Marina Viotti, Das Lied von der Erde avec Ramón Vargas, The Brodsky Album en coopération avec Pro Helvetia. En 2022 il fera ses débuts avec Orquesta Sinfónica Simon Bolívar avec la première vénézuélienne du Roméo et Juliette d’Héctor Berlioz.

Musique des Lumières

La programmation de l’orchestre Musique des Lumières est inspirée par un critère de transversalité. De la commande d’œuvres en création mondiale à l’exploration du vaste répertoire du XVIIe et à la polyphonie vocale-instrumentale interprétée sur instruments d’époque, MdL offre, au fil des saisons, un véritable programme de découverte. Une vision dynamique du grand répertoire qui cherche à établir de nouveaux modes de relation avec les publics. Depuis son lieu de résidence dans le Jura suisse, la production de MdL rayonne. Les projets en collaboration se multiplient avec des institutions aussi variées que le TOBS Bienne Soleure, le Théâtre du Passage, l’Ensemble Vocal de Lausanne, le Festival Enescu de Bucarest et de nombreux labels discographiques. MdL et Agudin inaugurent le labyrinthe Borges de la Fondazione Giorgio Cini à Venise ; ouvrent la Biennale für Neue Musik Chur ; lancent encore le Projet Dürrenmatt avec l’opéra Romulus der Grosse de Andreas Pflüger en 2015 (ce programme réunira des créations de Sontòn Caflisch, Pérez Ramírez, Gesseney). MdL et Agudin ont enregistré pour OEHMS, NEOS, Doron, SRF 2 Kultur. Ils sont actuellement artistes associés du label IBS Classical, dont les albums Bach Mirror (2017), Der Kaiser von Atlantis (2018) et Generación Cortázar (2021) ont suscité l’éloge de la presse internationale.  Dans la série contemporaine Music & Words, chaque album s’inspire d’un grand auteur de notre temps : Generación Cortázar (2020), The Dürrenmatt Project (2021) ; The Brodsky Album (2022). Parmi les prochaines productions discographiques, sont à mentionner An English Garden (2023) avec Marina Viotti ; Das Lied von der Erde (2022, orchestration d’Arnold Schönberg) ; Markus-Passion (2023, avec l’Ensemble Vocal de Lausanne). L’orchestre MdL est soutenu par le Canton du Jura et la Loterie Romande. Ses projets reçoivent le soutien des fondations Pro Helvetia, Göhner, Binding, Nestlé pour l’art, SRKS, Kerr-Dürrenmatt. Pendant la saison 21/22 MdL a présenté 17 programmes différents, dont des créations mondiales de Hinako Takagi (Osaka), Joan Magrané (Barcelone), Pablo Ortiz (Davis CA), Andreas Pflüger, Paul Suits et David Sontón (Basel). L’orchestre Musique des Lumières est Artiste associé au Théâtre du Jura et développe une intense collaboration avec l’Ensemble Vocal de Lausanne.

Newsletter

Inscrivez-vous à notre newsletter pour recevoir les dernières nouvelles ainsi que les concerts à venir.